BandeauBrancheVerte

 

1        Définition

C’est la branche maîtresse du Scoutisme car c’est elle qui est historiquement créée la première. La Branche Jaune la prépare et la Branche Rouge la continue. Les principes, buts et méthodes du Scoutisme pour la Branche Verte y trouvent leur parfaite expression.

La base fondamentale de la Branche Verte reste celle définie par B-P dans Éclaireurs, « par éclaireurs (scouts) nous entendons les explorateurs, les pionniers, les défricheurs de forêts ».

Aujourd’hui la Branche Verte nommée aussi Branche « Éclaireurs » possède plusieurs spécialités qui élargissent sa définition : c’est le scoutisme marin, le scoutisme alpin, ou le scoutisme aérien (quoique quelque peu inexistant à ce jour) et autres spécialités un peu plus fermées au terme explorateur que nous ne développerons pas car elles réduisent l’idée et le goût de l’aventure qu’est la pratique du Scoutisme.

La Branche Verte est aujourd’hui la deuxième branche dans l’ordre de la pratique générale de ce que nous appelons Le Scoutisme.

Son objet essentiel est la formation de l’adolescent, pris au sortir de l’enfance et conduit à l’entrée de sa vie d’homme. Cette période est caractérisée par la crise de croissance continue qu’il traverse pendant son adolescence. La qualité de la branche réside donc précisément à s’adapter à cette crise adolescente et à y répondre par des moyens efficaces pour aider le garçon à sortir de cette crise, non seulement sans mal, mais aussi grandi et fortifié physiquement, mentalement et spirituellement.

     La Branche Verte favorise donc la santé et le développement physique, mentale et spirituel ; « (elle) endigue l’énergie, apprend à se tirer d’affaire et à se servir de ses doigts, (elle) donne aux adolescents de la discipline, du courage, quelque chose de chevaleresque, et de l’amour pour leur patrie ; en un mot ils développent ce « caractère » qui est plus indispensable que tout autre chose à un garçon qui veut faire son chemin dans la vie. » B-P dans Éclaireurs

 

2        Les structures

La Branche Verte est structurée à l’image d’une société avec une Loi pour règle de vie, des Buts comme activités générales et des Principes directeur d’éducation.

2.1       La Patrouille

La Patrouille comprend de 6 à 8 garçons. Pour le scout elle constitue une sorte de fratrie. Chacun assume une tache particulière au sein de cette patrouille, de même que dans une famille, où chacun à son rôle à jouer en fonction de son âge et de ses aptitudes.

Un garçon entre ou monte à la Troupe à partir de 12 ans et arrive ou monte à la Route entre 17 et 18 ans pour intégrer un Clan. Des exceptions sont possibles selon le degré de maturité du garçon.

La Patrouille est l’unité de vie des garçons dans la pratique du scoutisme et doit rester aussi stable que possible.

2.2       Le Chef de Patrouille

Le Chef de Patrouille est personnellement responsable de chacun de ses garçons et de la bonne marche de la Patrouille. Sans être le plus âgé, il est celui dont la compétence, l’autorité, le rayonnement s’imposent naturellement. Il est nommé et investi dans ses fonctions par le Chef de Troupe, après avis de la cour d’honneur, lors d’une cérémonie appelé Cérémonie d’Investiture. Il exerce ses responsabilités à deux niveaux : au niveau de la Patrouille, par le Conseil de Patrouille, au niveau de la Troupe, par la Cour d’Honneur et le Conseil des Chefs.

Il est assisté par un second.

2.3       Le Conseil de Patrouille

Le Conseil de Patrouille est composé de tous les scouts de la Patrouille sous l’autorité du Chef de Patrouille. Il se réunit à l’initiative de l’un des scouts de la Patrouille mais le plus souvent à l’initiative du Chef de Patrouille. C’est un outil de cohésion fraternel au sein de la Patrouille. Il sert à examiner comment atteindre les objectifs fixés en Cour d’Honneur ou au Conseil des Chefs, pour faire le point sur des préoccupations en cours, pour répartir des tâches et pour rendre compte des tâches précédemment distribuées, pour proposer des initiatives concernant la vie de la Troupe.

2.4       Le Chef de Troupe

Le Chef de Troupe ou Scoutmestre, « maître » en scoutisme, est d’abord et avant tout un scout accompli. Non seulement il est le meilleur campeur de la Troupe, mais il est la Loi Scoute en action. Frère scout, il est aussi le chef qui, par son expérience, organise et fait réussir les projets de ses garçons. Il est formé par un Camp-École et titulaire d’un BAFA, poursuivant sa formation personnelle à la Route.

2.5       L’Aumônier

L’Aumônier est d’abord l’âme de la maîtrise, donnant tout son sens à l’apostolat des chefs. Commentateur de la Loi, il aide le Chef de Troupe à en être le gardien, sans toutefois se substituer à lui dans le commandement de la Troupe. Il est le témoin du Christ qui, par lui, est présent dans toutes les sorties, surtout au camp. Prêtre, il enseigne la Troupe sur le plan religieux, et guide chacun de ses membres dans sa montée spirituelle. Educateur, il participe de plein droit à la Cour d’Honneur et au Conseil des Chefs. L’aumônier scout est résolument l’idéal scout de toute Troupe.

2.6       La Cour d’Honneur

La Cour d’Honneur a pour objet de s’assurer que la Troupe dans son ensemble et chaque scout en particulier progressent bien dans la ligne de l’idéal scout. Sous la présidence du Scoutmestre, elle est composée de l’aumônier, des assistants et des chefs de patrouille. Elle peut s’adjoindre les seconds et les scouts de 1ère classe. Elle fixe les grands objectifs à atteindre et les directives à suivre par la troupe, dans les domaines de la vie spirituelle, de l’esprit scout, des activités générales. Elle fait le point de la valeur de la troupe et, éventuellement, examine le cas de tel ou tel garçon pour sa progression dans la vie scoute.

2.7       Le Conseil des Chefs

Le conseil des chefs composé du Scoutmestre, de l’aumônier, des assistants et des chefs de patrouille, a pour objet d’organiser la vie de la troupe et ses activités au jour le jour, en vue de réaliser par tranches les objectifs généraux fixés en cour d’honneur. Il est notamment responsable des programmes de sortie et de camp, et de la répartition des tâches entre les patrouilles.

 

3        Les Buts

Fidèle à l’esprit du Scoutisme, la Branche Verte admet l’évolution, non de la nature profonde, mais des goûts du garçon de notre époque. En conséquence, elle s’attache à renouveler les activités générales proposées au garçon, sans cesser de les vouloir éducatives ni de se référer aux Cinq Buts du Scoutisme :

SANTE – CARACTERE – SERVICE - HABILETE TECHNIQUE - SENS DE DIEU.

Si les modèles des premiers scouts, chevaliers, explorateurs, missionnaire, sont toujours des modèles stimulants et valables, on doit constater que les techniques modernes, ainsi que les sports en vogue exercent un puissant attrait pour la jeunesse actuelle. Mais ces techniques ne sauraient constituer une fin  en soi : elles contribuent, à leur place, à développer les aptitudes fondamentales indispensables à l’homme de demain.

3.1       Santé

La vie dans les banlieues, l’échec scolaire, l’abandon de l’éducation, l’incohérence de la vie quotidienne atteignent l’adolescent en pleine croissance et l’empêchent souvent de parvenir à maturité. Avec l’addiction aux nouvelles technologies comme l’internet, les jeux vidéo et en ligne, les réseaux dits « sociaux », les téléphones portables et autres, l’adolescent, le « jeune » se retrouve replié sur lui-même. Les loisirs, comme « espace de liberté », relèguent les pratiques sportives et ses vertus aux oubliettes.

Au contraire, la vie au grand air, le contact de la nature, favorise la pratique d’habitudes saines et l’éclosion du désir d’exercer son corps par des exercices simples, des parcours sportifs naturels et par l’émulation des sports d’équipe, sans recherche de la performance, ni du chronomètre. Juste la volonté de maîtriser son corps, de l’aider et de le consolider lors de la croissance.

3.2       Caractère

L’influence des médias, la télévision et sa cohorte de séries, jeux et autres programmes subversifs, les moyens de publicité et de propagande conduisent de plus en plus au politiquement correct et au faux conformisme, voire à la passivité et à l’inertie.

Les activités scoutes ont pour but de développer le sens de l’observation, du concret, l’analyse objective des faits, la réflexion personnelle, la volonté de regarder les difficultés en face et la capacité de les surmonter. Les jeux d’équipe, les camps, les concours, le contrôle personnel de sa progression, l’exercice des responsabilités, la pratique intelligente et ouverte des différents conseils, l’initiation à l’information sont de nature à former le caractère du garçon et à développer sa personnalité.

3.3       Service

Inquiète de son avenir, ne sachant à quel sein se vouer, la jeunesse se réfugie dans un égoïsme et dans un nombrilisme de plus en plus pervers, ajouté à la mode de la pseudo-solidarité qui envahi le monde, les adolescents ne connaissent plus la pratique de la vraie charité. Le développement du sens des autres est plus que jamais nécessaire pour apprendre la saine doctrine de la Charité.

Les activités devront aider le garçon à connaître son prochain, à l’aimer et à le servir en actes, à s’orienter vers un métier au service de l’homme. La pratique de la B.A. remise en honneur, les exercices de secourisme, l’initiation professionnelle, la fraternité scoute, l’ouverture des esprits au civisme incitent le garçon à sortir de son égoïsme et à s’engager, lorsqu’il entrera à la Route, dans la voie du Service.

3.4       Habileté technique

Dans le monde de l’industrialisation où des progrès scientifiques et techniques fabuleux se réalisent chaque jour, et sont portés à la connaissance directe de tous, la jeunesse se sent emportée, avec un certain vertige, vers un avenir où tout lui semble possible mais de plus en plus éloigné des réalités et des vérités naturelles.

Il est certain que l’homme d’aujourd’hui, a fortiori celui de demain, ne pourra réussir dans la vie sans avoir une qualification technique. Mais la Branche Verte n’est pas une école professionnelle. Elle veut seulement faire acquérir aux garçons quelques techniques simples, variées, d’application pratique réelle, peu onéreuses, sans cependant en faire des techniciens enfermés dans leur spécialité. C’est ainsi que les techniques éprouvées du camp et de la nature sont complétées par des techniques appropriées (travail du bois, des métaux et des matériaux nouveaux, électricité, technique auto ou radio, modélisme…), de manière à donner au garçon une certaine polyvalence. On recherchera plutôt le travail bien fait que l’efficacité à tout prix, subordonnant toujours la technique à la finalité scoute.

Ces travaux, exécutés en patrouille, au camp comme en ville, et accompagnés éventuellement de visites d’ateliers et d’usines, développeront le sens du concret, l’adresse manuelle, la continuité dans l’effort, le goût du travail en équipe, mais viseront aussi à ouvrir l’esprit du garçon aux problèmes de la vie professionnelle, et finalement à lui faciliter son adaptation ultérieure à la vie d’adulte.

3.5       Sens de Dieu

L’envahissement du matérialisme conduit à une déchristianisation dont souffrent de plus en plus d’hommes, ayant perdu tout sens de Dieu, et vivant dans l’indifférence ou le désespoir. A l’âge scout où la transformation physiologique s’accompagne souvent d’une remise en question des valeurs religieuses, il importe que le garçon fasse la découverte personnelle du Christ. La Branche l’y aidera, d’abord en favorisant au camp les instants de silence, en développant le sens du sacré et l’esprit de contemplation, en faisant comprendre l’œuvre de Dieu, en vivant une vie religieuse appropriée à cet âge. Ce sera le rôle de l’Aumônier, mais aussi et surtout en son absence, de tous les Chefs.

 

4        Méthode

Le système des patrouilles, innovation géniale de Baden-Powell, est la méthode fondamentale de la Branche Verte. Prenant pour moteur l’intérêt, l’action, la responsabilité, elle associe intimement l’éducation personnelle et l’éducation communautaire et « met les jeunes en condition de prendre en mains eux-mêmes leur propre formation » (B. P.).

Chaque scout, dans la patrouille, a une responsabilité par laquelle il se forme ; il participe aussi, au sein du Conseil de Patrouille, à la bonne marche de la patrouille.

Chaque Chef de Patrouille, responsable de sa patrouille, est aussi membre actif du Conseil des Chefs et de la Cour d’Honneur, et participe ainsi à la vie de la troupe.

Le Scoutmestre, responsable de la troupe, chef de l’équipe des Chefs de Patrouille prend ses décisions après les avoir réunis, fait ses suggestions et tient compte de leurs avis. Ainsi, l’intérêt de chacun étant connu et sauvegardé, les responsabilités étant exercées à tous les échelons, l’action et la réflexion se soutenant mutuellement, la formation des plus jeunes allant de pair avec celle des aînés, la troupe peut se lancer avec joie et profit dans les activités propres à la branche.

 

5        Activités

5.1       Le Camp

Le Camp est l’activité majeure de la Branche Verte. C’est au Camp que la vie scoute et le système des patrouilles trouvent leur plein accomplissement. Aussi le camp d’été doit-il être le couronnement de toutes les activités de l’année. Préparé minutieusement et longtemps à l’avance, il comporte en général un lieu de camp fixe et quelques jours de camp volant. Horaires et programmes sont établis de manière à soutenir l’intérêt du garçon sans le fatiguer.

Des variantes sont toujours préparées, notamment pour le temps de pluie. La beauté du cadre est recherchée au même titre que son côté pratique et surtout réglementaire.

C’est le Camp qui rythme la vie et la progression de la troupe. Ces camps sont eux-mêmes préparés par des sorties de Troupe et de Patrouille.

5.2       Le Jeu

Le propos de Baden-Powell : « Le Scoutisme est un jeu plein d’entrain » s’applique sans réserve à la Branche Verte. Mais il n’y a pas de jeu sans règle. Tant vaut la règle, tant vaut le jeu. La Loi Scoute, qui est une loi de vie, est aussi la loi générale de tout jeu, complétée par des règles particulières. Et c’est l’adhésion librement consentie aux règles du jeu et à la Loi qui les informe, qui a valeur éducative. Ce qui n’empêche pas les jeux scouts d’être « plein d’entrain ».

La patrouille, unité de camp, est aussi unité de jeu. Son fonctionnement est déjà en lui-même un jeu. Ses activités lui seront proposées le plus souvent possible sous forme de jeu, que ce soient des concours sportifs, des réalisations techniques ou sociales, ou simplement des amusements de détente. Un trophée, de quelque nature qu’il soit, temporaire ou permanent, peut récompenser la meilleure patrouille, mettant ainsi une émulation entre les patrouilles, sans développer pour autant un esprit de compétition ou de rivalité, le So British « Fair Play » rejoignant l’esprit scout pour accepter le succès sans orgueil et l’échec sans amertume.

Les thèmes de jeu seront choisis avec soin. On évitera les affabulations excessives ou infantiles qui ne « prennent » plus ou font sourire les garçons. Bien souvent on oublie que le jeu en lui-même, avec ses buts, ses règles, ses risques, les techniques mises en œuvre et le cadre où il se développe comporte un attrait qu’il suffit d’habiller d’un thème imaginaire sommaire axé sur les centres d’intérêt actuels des garçons. Le jeu sous toutes ses formes, s’il est bien monté et bien conduit, justement adapté à l’âge scout, est à la fois occasion de détente, source de joie et moyen d’éducation.

5.3       Les épreuves de classe et les badges

Les épreuves de classe jalonnent la progression du scout depuis son entrée à la troupe jusqu’à sa montée au clan.

Les épreuves d’aspirant comprennent les connaissances de base nécessaires à un garçon pour suivre avec profit les activités de la troupe. Elles sont le test de sa volonté de vivre en scout. Elles aboutissent à la promesse.

La promesse est faite devant toute la troupe, elle est prononcée quand le garçon est prêt, elle est la profession de foi du scout. Elle est faite de préférence individuellement car fonction de la volonté du garçon.

Les épreuves de seconde classe correspondent à l’acquisition d’une autonomie personnelle dans la vie scoute : capacité technique de jouer un rôle utile au camp ou dans un jeu, aptitude à tenir une charge avec sérieux, sens de sa responsabilité propre dans sa progression individuelle.

Les épreuves de première classe correspondent au niveau du scout expérimenté, possédant à fond l’art de bien camper, vivant pleinement son Scoutisme et capable d’aider les plus jeunes à se perfectionner.

Les insignes de spécialités sont des épreuves permettant à un scout de développer ses aptitudes et ses goûts dans un certain nombre de domaines techniques. Plutôt que la dispersion ou la gloriole, le scout sera incité à développer et approfondir ses dons naturels en vue du service. Les épreuves d’obtention des insignes de spécialités sont conçues et réalisées non dans un esprit scolaire, mais comme un moyen d’atteindre, à travers l’acquisition de valeurs concrètes, et compte tenu de la nature du garçon et de ses goûts, les cinq buts définis plus haut.

 

6        Conclusion

La Branche Verte est la formule originale du Scoutisme. Elle en demeure le centre. Son succès, aujourd’hui comme hier, réside dans le respect de ses structures et de son fonctionnement, inséparables de la méthode, ainsi que dans l’équilibre dynamique entre les goûts toujours neufs des garçons et la maturité d’une maîtrise adulte qui ne perd jamais de vue les buts à atteindre.