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Catégorie : Le mot du commissaire à la communication
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Frères et sœurs dans le scoutisme, Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. (Luc XII, 3 5).

Dieu est notre père, nous sommes Ses enfants. Et cette filiation s'exprime par la promptitude, par la totalité de notre obéissance.

Quelles que soient nos bonnes dispositions, quelle que soit notre détermination d'obéir à Dieu, il peut y avoir à notre obéissance des obstacles, extérieurs pourrions-nous dire. Le Christ montre ici que ces obstacles peuvent et doivent être surmontés immédiatement et même par avance.

« Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées ». Les Orientaux portaient de longs vêtements traînants, dont les pans devaient être relevés et resserrés sous la ceinture lorsqu'ils voulaient marcher rapidement. D'autre part, quand il fait nuit, il est bon de tenir dans sa main une lampe allumée pour se rendre vite et sûrement là où l'on doit aller.

Le Christ accompagne cette parole d'une comparaison. Soyez semblables, dit-Il, à des serviteurs qui attendent le retour de leur maître momentanément absent. Le serviteur ne voudrait pas faire attendre son maître quand il arrivera. Il se tient éveillé, son vêtement 'préparé, sa lampe garnie à portée de la main; prêt à se lever au premier signal qui lui annoncera la présence du maître, même de loin ; prêt à lui ouvrir avant même qu'il ait frappé ; qu'il revienne, dit l'Evangile, à la deuxième veille de la nuit ou à la troisième : au milieu de la nuit comme an matin.

Qui que nous soyons, en effet, nous pouvons à chaque instant être appelés à quitter notre occupation ; à chaque instant les ténèbres peuvent nous surprendre. Il nous faut être en état d'obéir sans tarder.

Avoir les reins ceints et la lumière à disposition, c'est une seule et même chose. C'est nous être dépouillés de tout ce qui nous attache, de ce qui, comme les plis d'un vêtement flottant, peut ralentir ou empêcher notre marche ; c'est ne pas faire comme les vierges folles, les invitées de l'Epoux, qui tenaient bien leurs lampes entre leurs mains, mais qui ne les avaient pas garnies d'huile et leurs lampes s'étaient éteintes et elles étaient restées dans « les ténèbres du, dehors ».

Etre prêt quand le Maître viendra.

Dieu vient avec la joie. Dieu est Amour. La joie de Dieu est Amour. La joie révélée par le Christ est la joie impérissable de l'amour qui donne, de l'amour qui tend les bras et qui prend sur lui la peine du prochain; la joie dont Il a dit qu'« il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir », l'entrée dans ce Royaume où chacun se fait le serviteur de tous, « serviteur et non esclave, disait Sédir, ami plutôt que serviteur ». La joie jaillissante et libre du Seigneur jésus : « je vous ai ainsi parlé afin que ma joie demeure en vous et que votre joie soit parfaite ».

Etre prêt quand le Maître viendra. Dieu vient avec la souffrance.

Le Maître de Sédir a dit : « Chaque jour notre âme se rapproche de Dieu; lorsqu'elle sera prête, elle paraîtra devant Lui. Il faut pour cela qu'elle soit plus brillante que le soleil. Le moyen, c'est la souffrance. Seule la souffrance grandit l'âme, seule elle permet d'avancer ».

Souvent nous envions les bienheureux; mais, pour posséder leur bonheur, il faut connaître les souffrances par où ils ont passé.

Le corps souffre pour grandir ; de même les adversités grandissent l'âme, Aussi a-t-il été dit: « Si nous savions ce que c'est que la souffrance, nous la demanderions ».

Soyez béni, Seigneur, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés...

La souffrance est la source très pure des larmes; elle ouvre nos yeux à la vision de nous-mêmes et notre cœur au repentir; elle nous fait le don  magnifique de la compassion, elle nous aide à comprendre et à partager la peine de ceux qui souffrent à nos côtés.

Au sein de nos souffrances le Christ est présent. Lui l'Amour, Lui qui a tout souffert. Il est là, Il nous sourit et nous tend la main.

La souffrance durera autant que le monde. Mais « le jour où nous saurons souffrir, nous aurons encore à souffrir, mais la souffrance ne nous fera plus rien ».

Etre prêt quand le Maître viendra.

Dieu vient avec la mort. Etre prêt à partir, à quitter sa maison, à s'en aller là où Dieu voudra.

Dieu vient avec la mort, Sa silencieuse servante; notre propre mort, celle que le bienheureux saint François nommait: « notre sœur la mort » ; la mort plus cruelle de ceux que l'on aime et qu'il faut laisser partir, sans espoir de retour ici-bas. La vie est faite d'innombrables morts partielles, car toute séparation est une mort; mais la mort nous ouvre la porte de la Demeure éternelle.

Etre prêt quand le Maître viendra.

Dieu vient avec l'amour.

Après avoir dit à Ses disciples: « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées », le Christ leur déclare que, lorsque le Maître rentrera et qu'Il trouvera Ses serviteurs vigilants, Il les fera s'asseoir, Il prendra Lui-même la tenue de serviteur, et Il les servira.

Quand l'Homme sur la terre aura fait la volonté de Dieu, c'est Dieu qui, là haut, fera la volonté de l'Homme.

Pour être prêt, il faut s'être séparé de soi-même.

Que nos reins soient ceints et nos lampes allumées - Dans la lampe allumée, il y a la lampe, l'huile et la flamme. Et ces trois sont un. Le Christ est cette lampe, l'huile et la flamme,

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! ».